Histoire de la mesure de la vitesse de la lumière
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Le temps des spéculations On sait depuis la plus haute antiquité que l'éclair est perçu avant le grondement du tonnerre, ce que l'on interprétait souvent en disant que "la vue est plus prompte que l'ouïe".
C'est donc dans le monde musulman que réapparait, au XIème siècle, l'idée d'Empédocle avec Ibn Sînâ, dit Avicenne, l'astronome persan Al Biruni, et surtout Ibn al Haytham, dit Alhazen, qui dans ses différents traités d'optique, pose le problème sous sa forme moderne, en séparant nettement la propagation de la lumière et la vision des objets. Le problème réapparaît dans le monde chrétien au XIIIème siècle, avec Robert Grosseteste, Roger Bacon, et John Pecham: Le premier pense toujours que la lumière est émise par l'oeil, le second qu'elle est à la fois émise et reçue, et le troisième qu'elle est seulement reçue. Dans le cadre de la réception, Bacon et Pecham suppose une propagation à vitesse finie. Bacon, qui semble reprendre les idées d'Empédocle, écrit au chapitre Perspectiva: Si ergo lucis multiplicatio est in instanti et non in tempore erit instans sine tempore quia tempus non est sine motu. Sed impossibile est instans esse sine tempore sicut nec punctum sine linea Si donc la propagation de la lumière se faisait instantanément et non temporellement, il y aurait instant sans temps, parce que le temps n'existe pas sans mouvement. Mais l'instant sans le temps est aussi impossible que le point sans la ligne Cependant, au XVIIème siècle encore, quelques savants, et non des moindres, croyaient encore la propagation instantanée Ainsi, Képler admet bien le caractère géométrique de la propagation de la lumière, avec comme conséquence une diminution d'intensité selon l'inverse du carré de la distance, mais croit cette propagation instantanée, et Descartes, qui pourtant, a découvert les lois de la réfraction, est du même avis |
Fermat fit remarquer que Galilée eut été mieux inspiré d'utiliser un miroir plutôt qu'un aide, supprimant ainsi le retard dû à son temps de réaction. Aujourd'hui, cette idée paraît évidente, mais il faut se rappeler qu'à l'époque, la qualité des miroirs n'aurait probablement pas permis l'expérience. Et d'ailleurs, Galilée n'aurait probablement pas réussi à l'aligner correctement. Mais cette idée d'un aller et retour après réflexion fut utilisé par Mersenne pour mesurer la vitesse du son, à l'aide de son écho Quant à l'idée du miroir, elle fut reprise deux siècles plus tard (avec celle de la lunette), dans la méthode de la roue dentée. Descartes, qui, dans le cadre de sa théorie d'un éther mécanique, croyait à la propagation instantanée, objecta que si la vitsse de la lumière était finie, comme Galilée avait tenté de le démontrer, alors les éclipses de lune se produiraient avec avance ou retard, car la distance de la lune n'est pas constante. Or les éclipses se produisaient au moment prévu, donc la propagation était instantanée Mais Fermat expliquait la réfraction de la lumière par un principe de moindre temps de parcours. Et donc, le temps de propagation ne pouvait être nul Et comme le remarqua Huygens, l'objection de Descartes, ne prouvait nullement l'infinitude de la vitesse de la lumière, et ne définissait en fait qu'une limite inférieure, tout comme l'expérience de Galilée. En 1677, Huygens put préciser que l'objection de Descartes imposait à la lumière une vitesse 100 000 fois supérieure à celle du son. Cependant, la remarque de Descartes allait être brillamment utilisée en sens inverse par Roemer |
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La première estimation
Dès janvier 1610, Galilée et Simon Marius avaient découvert les quatre gros satellites de Jupiter. Ils semblent que chacun ait ignoré les observations de l'autre, mais c'est Galilée qui publia ses observations le premier. Pour mieux étudier le mouvement de ces satellites, Galilée avait même construit un ingénieux appareil: le "Jovilabe". Ces satellites montraient un ballet régulier, avec passages, éclipses, immersions fans l'ombre et émersions. Ces phénomènes paraissant bien prédictibles auraient du pouvoir servir à régler les horloges sur eux, et par là, de déterminer les longitudes. En effet il faut se rappeler que si les latitudes peuvent se calculer simplement en mesurant la hauteur des étoiles sur l'horizon, le calcul de la longitude nécessite d'observer l'heure à laquelle elle passe au méridien, dans la référence horaire du méridien d'origine (c'est à dire aujourd'hui, le Temps Universel). |
En 1676, Il publia ainsi dans Le Journal des scavans une table des phénomènes de sortie du premier satellite de l'ombre d'août à décembre 1676. C'est sur la base des différences par rapport à cette table que la vitesse de la lumière a pu être mise en évidence |
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Roemer ou Cassini?
Venu à Paris en 1672 avec l'abbé Picard, qui avait pu apprécier sa compétence lors de son voyage à Uraniborg, Roemer était partisan de la propagation successive de la lumière, et cherchait donc à la mettre en évidence. Il mit à profit son séjour à l'observatoire pour expérimenter l'idée de Descartes, et entreprit de la vérifier sur les satellites de Jupiter. Il trouva d'abord qu'au bout d'une révolution de Io, le premier satellite, on n'observait pas de retard sensible, bien que la distance de la Terre à Jupiter ait varié de plus de 210 diamètres terrestre. Mais pour une variation de distance nettement plus grande, il trouva que 40 révolutions observés lors d'une quadrature étaient plus courtes que 40 autres observées lors de la quadrature suivante. Il en déduisit que quand Jupiter est en conjonction, sa lumière doit, pour nous parvenir, mettre 22 minutes de plus pour parcourir une distance supplémentaire par rapport à l'opposition, égale au diamètre de l'orbite terrestre. |
La démonstration de Roemer parut dans Le journal des scavans du 9 décembre 1676 Ole Roemer prouva ainsi la "propagation successive" de la lumière, et Cassini admit que cela expliquait bien les inégalités dans le mouvement du satellite Io, mais il contesta la valeur du travail de Roemer, en objectant que cela n'était prouvé que pour le premier satellite de Jupiter (en fait il apparaît aussi sur les autres, mais moins visiblement car ils sont moins rapides). Cassini, lui, cherchait avant tout à améliorer sa méthode de détermination des longitudes par les éclipses des satellites, et pour cela à débarrasser ses tables des erreurs dues aux diverses "inégalités" qui apparaissaient dans le mouvement des satellites. Or à l'équateur, une erreur de 10 minutes de temps correspond à 150 milles marins. Une telle cause d'inégalités était donc impossible à ignorer Or, bien que les procès-verbaux des réunions de l'académie, de l'époque ne soient plus disponibles, Laurence Bobis et James Lequeux ont pu retrouvé une copie, faite par Delisle avant 1738, d'une communication de Cassini, datée du 22 aout 1676. Cette communication est intitulée: Inégalités des satellites de ![]() Elle mentionne clairement que Cassini envisage la vitesse de la lumière comme explication d'une inégalité |
Cette irrégularité est reliée à la variation du diamètre apparent de Jupiter, soit à la distance de Jupiter à la Terre et on voit qu'elle provient de ce que la lumière ne nous parvient d'un satellite qu'après le mouvement en sorte qu'elle demande 10 à 11 minutes pour l'espace égal au demi diamètre de l'orbite annuelle |
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Mais il faut remarquer: - Que cette communication de Cassini a été faite 5 jours après la publication de ses tables dans Le journal des scavants - Qu'en aout 1676 , Roemer, qui était en France depuis 1672, et travaillait sur les données accumulées à l'observatoire depuis près de huit ans, avait eu le temps de parler de son travail. En particulier, découvrant les prédictions de Cassini, il est logique qu'il lui ai fait part de ses calculs, que Cassini ne pouvait pas ignorer puisqu'ils introduisaient une correction d'une dizaine de minutes dans ses tables. On comprend que Cassini se soit dépéché d'en faire part à l'académie, lui qui cherchait à présenter les tables les plus exactes possible. D'où l'antériorité de la communication de Cassini, sur la publication de Roemer - Que si Cassini fut un grand observateur (et un bon courtisan), il fut toute sa vie un infect théoricien:
Le népotisme contre Roemer
Le pire c'est que l'auteur anonyme est probablement Bernard Le Bovier de Fontenelle, secrétaire de l'académie des sciences à cette époque. Un Fontenelle qui, bien que connu pour sa longévité, n'avait que 19 ans à l'époque de la découverte, et ne devint secrétaire de l'académie des sciences que 16 ans après le départ de Roemer. Il faut reconnaitre que Fontenelle, plus connu pour ses magnifiques éloges des académiciens, fut bien mal inspiré |
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La première estimation numérique En dépit de la légende, Roemer ne put pas faire de vraie mesure, en effet l'ordre de grandeur du temps nécessaire pour parcourir le diamètre de l'orbite terrestre était connu, mais ce diamètre n'était lui même connu que par son ordre de grandeur. Les lois de Képler nous renseignant sur les dimensions relatives des orbites planétaires, mais pas sur leurs dimensions absolues. Roemer ne trouva donc que l'ordre de grandeur. (les valeurs qu'on cite aujourd'hui sont inventées, ou confondues avec celles de Huygens, elles même calculées a posteriori).
En 1670, remplaçant le comptage du nombre tours de roues d'un carrosse, par la méthode de triangulation qui venait de faire ses preuves en Hollande, l'abbé Picard mesura la longueur d'un arc de méridien entre Sourdon, près d'Amiens, et Malvoisine, au sud de Paris. Il trouva qu'un arc de 1° mesure 57 060 toises de Paris, d'où il put déduire la longueur du méridien complet, soit 9001.6 lieues, et enfin calculer la valeur du rayon terrestre: 1432.5 lieues, soit 6 372 km. Cette valeur était la première mesure sérieuse depuis celle d'Eratosthène, et sa précision était remarquable pour l'époque, puisque cela correspondait à un méridien de 40 001.7 km C'est en 1690 qu'apparait la première estimation numérique sous la plume de Huygens. En reprenant le chiffre de 22 minutes, de Roemer, pour traverser l'orbite terrestre dont il estime le diamètre à 24 000 diamètres terrestre, il trouve, en simplifiant un peu, que la lumière parcourt 16 diamètres terrestres en une seconde, d'ou il déduit que la lumière se propage 600 000 fois plus vite que le son La méthode des éclipses des satellites de Jupiter servit tant bien que mal jusqu'au XIXème siècle, et plutôt mal que bien. Il faut dire que la disparition d'un satellite dans l'ombre n'est pas instantanée, et que la distance parcourue dans le cône d'ombre n'est pas toujours la même. Ainsi pour la durée mise par la lumière pour parcourir la distance terre-soleil, Roemer qui avait trouvé 11 mn dans sa première estimation n'en trouva plus que 7 dans une seconde série de calculs. Cette cruelle incertitude réduit d'ailleurs à une grosse sottise l'affirmation des créationnistes qui veulent que Roemer ait mesuré la vitesse de la lumière à 200 km/s près. En réalité, en fonction des temps qu'il avait trouvé et des rayons admis pour l'orbite terrestre, on trouve des valeurs échelonnées entre 100 000 km/s et 328 000 km/s. C'est donc bien un ordre de grandeur. Si Picard avait amené Roemer en France, c'est qu'il avait fait avec lui en 1671 un "pélerinage" à Uraniborg, c'est à dire à l'observatoire de Tycho Brahé dans l'ile de Hven, dont il fallait déterminer les coordonnées géographiques avec précision. Picard eut bien du mal à retrouver l'emplacement de l'observatoire, qui avait été détruit après le départ de Tycho. Il put néanmoins faire d'intéressantes observations et notamment observer un mouvement de l'étoile polaire d'une amplitude de 20", que Tycho n'avait pas remarqué (il ne disposait pas de lunette). Picard ne trouva aucune explication satisfaisante. L'explication allait venir au siècle suivant |
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L'aberration donne une mesure plus précise L'explication du phénomène observée par Picard, c'était l'aberration de la lumière, que Bradley découvrit sans la chercher, et qui débouchait sur une autre méthode de détermination astronomique de la vitesse de lumière.
Pour en avoir le coeur net, Molyneux et Bradley commandèrent au même Graham, un instrument plus performant qu'ils installèrent à Wanstead (de l'autre coté de Londres) en août 1727. Les observations de Bradley jusqu'à la fin de 1727 confirmèrent le phénomène. Ce serait lors d'un voyage sur la Tamise, en observant un drapeau flotter dans le vent relatif au bateau, que Bradley comprit ce qui se passait: cette aberration était provoquée par la combinaison du mouvement de la terre, avec celui de la lumière. Du même coup, ses mesures permettaient, soit de mesurer la vitesse de la lumière, connaissant celle de la terre, soit l'inverse. L'aberration dessinant une ellipse de 20.25 " de demi-grand axe, il en déduit que la vitesse de la lumière vaut 10 188 fois celle de la terre. A nouveau se pose le problème de la distance terre-soleil, puisque c'est à partir d'elle qu'on peut calculer la vitesse de la terre sur son orbite, mais Bradley put en déduire indépendamment que la lumière devait parcourir la distance terre-soleil en 8 mn 13 s La discussion de 3 années d'observations permit à Struve, en 1842, de donner une valeur plus exacte: 20.45" |
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Les premières mesures de laboratoire En décembre 1838, Arago expose à l'académie le projet d'une expérience propre à trancher entre les deux théories de la lumière: la théorie corpusculaire de l'émission (Newton) et le théorie des ondulations (Huygens et Fresnel). Arago compte utiliser un dispositif à miroir tournant concu par Wheatstone, où deux rayons parallèles traverseraient un milieu différent. Il explique:
Tout restant égal, admettons un moment la vérité du système des ondes. Le tube d'eau retardera alors la marche du rayon supérieur; ce rayon arrivera au miroir réfléchissant après le rayon inférieur; il se réfléchira, non plus le premier, comme tout à l'heure, mais le second, ..." Cette expérience d'Arago ne fut jamais réalisée. Le dispositif de Wheatstone nécessitait une trop grande longueur entre le miroir tournant et l'observateur, et utilisait des éclats lumineux dont on ne savait où il fallait les détecter. Ce projet allait pourtant inspirer l'expérience de Foucault En 1849, Hippolyte Fizeau utilise une roue dentée, dont l'axe est parallèle à un faisceau lumineux. Lorsque le faisceau n'est pas arrêté par une «dent» de la roue, il est renvoyé par un miroir placé à grande distance, comme l'avait suggéré Fermat pour Galilée. Quand le rayon revient sur la roue, soit il passe entre deux dents, soit il est arrété par une dent, selon la vitesse de la roue. On observe alors une éclipse pour une certaine vitesse, une réapparition du signal lumineux pour une vitesse double, une nouvelle éclipse pour une vitesse triple, etc..
En opérant de nuit, sur une distance de 8 633 m entre Suresnes et Montmartre, la moyenne de 28 observations lui donne une valeur d'environ 315 000 km/s. Ce n'est pas mieux que les méthodes astronomiques, mais c'est la première fois qu'on réalise une mesure "de laboratoire", donnant directement la valeur cherchée sans dépendre d'une autre grandeur, comme la distance terre-soleil. Si Galilée avait été là, il en eut peut-être pleuré de joie. Mais remarquons que, si Fizeau réussit là où Galilée échouat, c'est qu'il connaissait, lui, l'ordre de grandeur de qu'il voulait mesurer. Sans Roemer et Bradley, Fizeau eut du faire plusieurs expériences, négatives, en augmentant la distance, avant de réussir... ou de se décourager
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A partir de 1850, Léon Foucault perfectionne la méthode du miroir tournant de Wheatstone et Arago, en introduisant un second miroir. En 1850 il peut ainsi réaliser l'expérience de comparaison des vitesses dans l'air et dans l'eau, et montrer que la lumière se déplace moins vite dans l'eau, en accord avec la théorie des ondulations En 1862, avec un miroir tournant à 400 tr/s il obtient pour la vitesse de la lumière la valeur de 298 000 km/s
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La multiplication des méthodes
L'erreur qu'il commet est de 608 km/s. Mais bien sûr, cette erreur, il ne la connaît pas. Cependant il estime l'erreur probable inférieure à un millième en valeur relative, soit 300 Km/s. Il est un des premiers à donner une marge d'erreur. Il ne sera pas le dernier à échouer à donner une marge qui contienne la valeur correcte L'heure n'est plus guère aux déterminations astronomiques dont la meilleure méthode, celle de l'aberration, plafonne à une précision d'environ 1/2000, mais aux mesures de laboratoire. Plusieurs méthodes s'affrontent pour déterminer avec le plus de précision possible, cette vitesse de la lumière, qu'on note c (du latin céléritas = vitesse):
En 1879, avec 100 mesures et une base de 605 m, Il trouve une valeur de 299 910 km/s ± 50 km/s. Là encore la valeur actuellement connue n'est pas dans la plage d'incertitude. Cependant Michelson va améliorer ses méthodes et régner pendant 50 ans sur l'instrumentation à miroir. Son savoir-faire lui permettra de monter en 1887, avec Edward Morley, la célèbre expérience mettant en défaut la théorie de l'éther électromagnétique. Il aura le prix Nobel en 1907 En 1880 Young et Forbes, avec une roue dentée mesurent 301 382 Km/s, et croient trouver une dispersion de 1.8% selon la longueur d'onde, résultat qui ne sera pas confirmé En 1882 Newcomb, avec le miroir tournant et une base de 3721 m, trouve 299,860 km/s ±30 (toujours à côté) En 1891 Blondlot (l'homme des rayons N) mesure des ondes stationnaires dans des fils électriques, il trouve 302 200 km/s, puis 297 200 km/s deux ans plus tard La roue dentée est utilisée une dernière fois en 1900 par Perrotin. En 1902 il trouve 299 860 km/s ±80 km/s, ce qui vaut les résultats de Newcomb et Michelson 20 ans auparavant Ce n'est qu'en 1906, que Rosa et Dorsey trouvent enfin une valeur précise par la comparaison des unités électromagnétiques et électrostatiques (hélas, chaque source donne une valeur différente) En 1923 La méthode de Blondlot permet à Mercier d'obtenir 299 795 km/s ± 30 km/s Les dernières (et les meilleures) mesures de Michelson eurent lieu en 1926 sur une base de 35 km, entre le mont Wilson et le mont San Antonio. Avec des miroirs à 8, 12 et 16 faces, tournant à 528 t/s, il obtient la valeur de 299 796 km/s ±4 km/s. Non seulement la plage d'incertitude est réduite, mais nous savons aujourd'hui que la valeur correcte est dedans
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Le temps du doute
Ce fut un des premiers grands échecs de la "Big science". En dépit du soin apporté à la construction du tube, à mesurer la longueur de la base et à maintenir moins de 1/100 d'atmosphère dans le tube, les valeurs mesurées s'obstinaient à varier de façon imprévisible, sautant de 50 km/s d'une mesure à l'autre. Les continuateurs de l'expérience de Michelson, Pease et Pearson, furent bien embarrassés en présentant leur résultat en 1935: 299 774 km/s ±11 km/s, encore ce résultat était-il optimiste car les 493 mesures de 1931 donnaient 299 770, et les 753 mesures de 1932 donnaient 299 780. Bien qu'on ait vérifié la longueur du tube, ils en invoquèrent une variation en fonction du coefficient de marée, et présentèrent même un diagramme des résultats en fonction de la dimension apparente de la lune! (ce diagramme est révélateur de la compétence des expérimentateurs qui confondent les minutes et les secondes d'arc)
Le temps des interrogations Mais voila, si c est constante d'après le modèle physique standard, ce n'est jamais qu'un modèle. On sait que La constance de c étant reliée aux autres paramètres du modèle, il est impossible d'y toucher, en laissant identiques ces autres paramètres, car cela créerait une incohérence dimensionnelle. Mais cela n'impose pas cette constance dans l'absolu. Simplement, une variation de c n'est possible que dans le cadre d'une cosmologie "alternative" ou les invariants fondamentaux ne sont plus les mêmes.
Ainsi, non seulement le problème de la variation de c est interdit d'expérience, mais il est discrédité. Pourtant il n'y a aucun rapport entre les modèles alternatifs à variation de c (infime) et les stupidités créationnistes. Mais on peut penser que la lutte, contre l'obscurantisme créationniste, a favorisé l'existence d'un front pour la constance de c, qui rappelle facheusement celui des philosophes pour l'infinitude de c, d'Aristote à Descartes
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