I. - Où en sommes-nous?
Vingt ans après, ce petit livre ayant été réimprimé jusqu'à présent sans modification, il devient nécessaire d'ajouter un chapitre complémentaire.
1. La science à côté de l'astrologie. - La conquête de la Lune, les prodiges de l'électronique, la greffe d'organes essentiels, l'accroissement étonnant de la vie moyenne, la découverte des mécanismes intimes de la vie, voilà des performances récentes de la science assez inattendues pour mériter le nom de miracles. Mais ces succès mêmes ont disposé à croire n'importe quoi.
2. Responsabilité de la presse et de la radio-télévision. - Rendons d'abord hommage aux journaux et aux hebdomadaires qui respectent leurs lecteurs et savent que la presse doit contribuer à élever les esprits, et non pas les habituer à accepter l'erreur. En cela, ils montrent beaucoup de désintéressement, en même temps que de conscience, car ils perdent la substantielle publicité des mages de tout poil - et aussi, hélas !, la masse de lecteurs avides de futilités et de faux-semblants.
3. Les signes du Zodiaque. - D'un intérêt nul pour l'astronomie, les signes sont des rectangles théoriques, qui ne renferment plus les constellations dont ils ont conservé le nom et les prétendues propriétés. La presse et la radio nationale et la loterie du même nom ont incité les Français à connaitre leur signe de naissance, qui n'a pas plus de vertu, et n'est rien d'autre, qu'un mois de naissance un peu décalé. Or, c'est devenu le thème premier des conversations quand on se connait peu, pour faire connaissance: « Ah ! vous êtes Vierge? moi, je suis Taureau! » Cette superstition du signe sous-entend que tous ceux qui sont nés entre le 20 avril et le 21 mai, par exemple, ont le même tempérament, caractériel ou physique. C'est tout bonnement délirant: il suffit de regarder nos contemporains ou de lire l'Histoire pour s'en apercevoir. Il existe pourtant de prétendus psychologues qui en tiennent compte, a priori, dans leurs jugements.
5. Les hebdomadaires. - Les périodiques scientifiques exceptés, la quasi-totalité des périodiques à grand tirage - ceux qui s'adressent aux femmes en particulier - consacrent une ou deux pages, davantage parfois, aux niaiseries astrologiques. Les responsables prétendent que le public le veut. Mais la vérité est autre: on a créé une habitude, puis on dit qu'il faut satisfaire la demande. J'ai connu un journal de modes que son courageux directeur préservait de l'épidémie. Après son départ, le journal a capitulé aussitôt en disant: « Maintenant que la preuve scientifique est faite des mérites de l'astrologie, que sa vérité est établie, nous serions coupables d'en priver nos lectrices, etc.» En effet, on trouve aujourd'hui dans ce journal une rubrique du même niveau mental que celles de ses concurrents.
6. Le pouvoir de prédiction. - L'année 1968 fut féconde en grands événements, en France et dans le Monde. Rappelons par exemple:
Pour la France:
- les événements révolutionnaires de mai;
- la dissolution de la Chambre et les élections de juin;
- la tornade qui secoua le franc en novembre.
Pour le Monde:
- la première greffe d'un coeur par Barnard;Faites l'expérience: consultez, dans leurs collections, tous les journaux, tous les hebdomadaires, tous les bulletins astrologiques spécialisés, à la veille ou au début de 1968 : vous n'y trouverez rien, absolument rien, qui concerne sans ambiguïté l'un des événements précédents. Certes, les déclarations vagues, passe-partout, pullulent: un grand personnage disparaitra, certains pays auront bien du malheur, etc. Bref: du vague, du flou, qui s'applique à n'importe quoi, à n'importe qui...
II - L'astrologie par ordinateur
Un ordinateur peut être programmé en vue de la fabrication rapide des horoscopes. On lui fournit le lieu, la date et l'heure de la naissance du consultant, et l'appareil en déduit la carte du ciel de naissance. Rien de nouveau, sinon la rapidité: les données astronomiques ont été mises en mémoire et l'appareil recopie correctement celles qui lui sont demandées. Bien entendu, on a abrégé les documents fournis par l'astronomie et la machine doit aussi procéder, pour chaque cas, à des interpolations entre les données mémorisées. Ce programme est rempli de façon satisfaisante: l'imprécision sur l'heure de la naissance entraine des incertitudes beaucoup plus grandes que les approximations précédentes. La configuration du ciel étant tenue pour bonne, un astrologue a fourni à la machine un commentaire prétendument approprié aux diverses situations que peut présenter une configuration du ciel. L'horoscope débité par la machine sera la juxtaposition des phrases « appelées » par chaque « aspect » du ciel. Ce travail d'arlequin est perceptible par un certain décousu, et, parfois, par des phrases contradictoires: la machine ne fait pas de lissage; et la variété des commentaires enregistrés n'est pas telle qu'on ne retrouve souvent les mêmes phrases passe-partout. Mais ces discontinuités comptent peu, en regard du vice fondamental de l'astrologie: quel rapport y a-t-il entre telle configuration céleste et la vérité de l'individu? Avec ou sans ordinateur (nous croyons l'avoir montré au cours de ce livre et nous le redirons dans les pages qui suivent) ce rapport est nul et l'éloquence de l'astrologue interposé n'y saurait rien changer.
1. Les promesses. - Pour un prix assez élevé, on vous promet:
- votre portrait psychologique en profondeur ;
- un calendrier du rythme annuel de votre existence (tiens, tiens, tel mois, mai par exemple, serait-il toujours ou glorieux ou néfaste pour un individu donné? Je n'ai rien constaté de tel au cours de ma vie...) ;
- les périodes fastes ou néfastes que le consultant doit prévoir dans les dix années à venir. (L'auteur du programme, nous allons le voir, prétend par ailleurs que l'astrologie ne peut pas prédire. Mais là, il prédit tout de même; après un coup manqué, il fera valoir qu'il ne s'agissait que de probabilités, de mises en garde.)
2. La grande astrologie. - Le directeur B... de l'entreprise par ordinateur méprise les besogneux de l'astrologie courante, les navrants chroniqueurs des journaux et des hebdomadaires, qui osent se flatter « d'une divination absurde». Foin de cette astrologie de pacotille.
« Elle n'est pas une physique, elle est une psychologie de la vie aux sources de notre être intime: le « natif » est posé au centre du monde, exclusivement (?) concerné par la focalisation (?) unique de son moment et de son lieu de naissance...
3. Après la défense, l'attaque. - Sont spécialement pris à partie M. G... et moi (M. G..., pour l'enquête que vous lirez plus loin). Selon B..., nous sommes « chaussés de gros sabots - nos jugements sont à coups de marteau - notre ignorance du sujet éclate au grand jour - le primitivisme de nos esprits de choc nous fait tourner automatiquement le dos à la vérité - nos critiques sont des parasites de l'esprit - ce n'est pas sur le chemin de la filouterie (faire passer l'astrologie pour ce qu'elle n'est pas et ne pas la faire passer pour ce qu'elle est), de la grosse farce ou du mépris que l'on rencontre la vérité ». Ainsi, pour ces messieurs, nous sommes les filous, car, sur le plan du désintéressement, ils sont imbattables. Quant à la grosse farce, attendez, pour accorder la palme, de lire l'enquête de Science et Vie. 4. Isoler l'adversaire. - Selon B..., dans la même brochure toujours, je serais « l'ultime détracteur contemporain » de l'astrologie. C'est me faire trop d'honneur. Je lui suggère un sondage: il existe un annuaire, officiel de tous les astronomes, professionnels ou amateurs, qui font partie de l'Union astronomique internationale (Astronomer's Handbook, environ 2 000 membres, appartenant à 43 nations), Qu'il leur écrive: s'il trouvait parmi eux quelques champions de sa cause, je publierais leurs opinions dans la prochaine édition de ce « Que sais-je? ») ( Au risque d'être immodeste, je dois dire qu'un grand nombre de ces collègues ont bien voulu me féliciter d'avoir écrit ce petit livre, qu'il est traduit en plusieurs langues, et que les Astronomical News Letters (E,-U.) l'ont donné pour le meilleur ouvrage contre les superstitions astrologiques.) Que dire de la brochure? On y trouve réunis tous les caractères qui trahissent les causes indéfendables : à côté d'affirmations sans preuves, de considérations plutôt obscures (j'en ai donné un échantillon), on s'efforce de discréditer et d'isoler le contradicteur. 5. L'expérience de M. G... et de « Science et Vie» (août 1968, n° 611). - Et maintenant, l'astrologie raffinée, nuancée, éthérée, de B... aboutit à quoi, en pratique? A garnir l'ordinateur des réponses à donner aux consultants, onéreuses certes, mais, à n'en pas douter, sublimes. Vous allez en juger.
A) Le Dr Marcel Petiot. - Né à Auxerre le 17 janvier 1897 à 3 heures. Arrêté le 31 octobre 1944. Condamné à mort pour 27 meurtres (il s'en attribuait cyniquement 63). Exécuté le 26 mai 1946.
B) Le curé d'Uruffe. - L'abbé Guy D..., né à Gerbecourt (M.-et-M.), le 24 février 1920 à 8 heures. Evite un premier scandale en envoyant celle qu'il avait séduite se faire oublier dans le Midi. Ayant récidivé, l'abbé Guy D... assassine une jeune fille, devenue sa maîtresse, en décembre 1956. Condamné aux travaux forcés à perpétuité en janvier 1958.
C) Albert Millet. - Né le 2 juillet 1929 à 17 heures, à Hyères. Gangster, auteur de deux assassinats. Travaux forcés à perpétuité (début d'avril 1954).
D) La femme Ducourneau. - Née Elisabeth Lamouly, le 1er septembre 1904, à 6 heures, à Belin (Gironde). Empoisonne sa mère et son mari; condamnée à mort, exécutée le 8 janvier 1941 (ce fut la dernière femme guillotinée).
La riposte.- Pris en flagrant délit, l'ordinateur s'est fâché. On a parlé de traquenard inadmissible et menacé des tribunaux. J'ignore ce qu'il en fut, mais B... et son état-major ont dû préférer avaler la couleuvre, car une grande publicité donnée au désastre n'aurait pas redoré le blason de l'ordinateur.
III. - Des erreurs très instructives
1. Corrélations vraies, déductions fausses. - Devant la coincidence de deux phénomènes, on peut se tromper sur le sens de la causalité. Le primitif entend les grenouilles coasser par temps humide: il imitera les coassements pour faire pleuvoir. La magie est née de ces faux espoirs.
A) La Lune rousse. - On nomme ainsi la lunaison qui commence en avril. A cette époque de l'année, les bourgeons naissants sont fragiles et il arrive que des nuits soient alors assez froides pour geler, pour roussir, ces jeunes pousses, au grand dommage des récoltes. La lumière de la Lune rousse est accusée de ces dégâts. Il existe en effet une corrélation évidente entre le gel des bourgeons et la présence de la Lune au ciel, dans ces nuits néfastes.
B) Radio transatlantique et planètes. - Aux Etats-Unis, les liaisons radio par-dessus l'Atlantique Nord sont reçues, en permanence, par des équipes travaillant chacune 8 heures. Chaque équipe signale si le trafic a été normal, ou perturbé, P. Ayant les résultats de ces observations pour cinq années différentes, un ingénieur eut l'idée de les confronter aux positions relatives des six planètes les plus voisines du Soleil (y compris la Terre). Il chercha les jours où deux quelconques de ces six planètes furent alignées avec le Soleil (conjonctions ou oppositions) et les jours où elles étaient vues, du Soleil, dans deux directions perpendiculaires (quadratures). Il nomma jour zéro, Z, toute journée où s'était produite une telle configuration.
Les documents de base étaient corrects, aussi bien du côté astronomique (aspects planétaires) que du côté télécommunications (périodes P).
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Fig. 12 |
Or le graphique B a été obtenu par Hunter en associant aux jours Z = 0 des configurations planétaires les jours P où le spectacle des Folies-Bergère a été donné en matinée, par le même processus de décalages 0, ± 1, ± 2, etc.
Quel astrologue osera suggérer que les aspects planétaires décident des matinées aux Folies-Bergère? Ce travail, réduisant à néant les influences spécifiques des planètes sur la radio, a paru en mai 1952 dans le journal de la British Astronomical Association. Pourtant, dans la préface d'un ouvrage paru en 1966, un professeur italien se porte encore garant de l'existence certaine de l'effet des planètes.2. Corrélations fausses. - A) Le signal du sourcier. - Je tiens à attirer l'attention maintenant sur une tentative d'explication scientifique de la radiesthésie, parce que nous aurons l'occasion d'y revenir.
B) Un triomphe de la télépathie avec le sous-marin « Nautilus ». - En 1959, au cours d'un voyage en plongée de seize jours autour du Globe, le sous- marin atomique américain le Nautilus fut crédité d'une merveilleuse expérience de télépathie.
| Chiffres | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | Total |
| Nombre de fois | 43 | 53 | 47 | 46 | 48 | 46 | 45 | 29 | 48 | 45 | 450 |
| Ecarts à la moyenne 45 | -2 | +8 | +2 | +1 | +3 | +1 | 0 | -16 | +3 | 0 |
Les seuls écarts notables sont ceux du chiffre 1 et du chiffre 7. L'écart du chiffre 1 n'est pas inquiétant: dans un tirage au hasard, on trouverait un écart 8 une fois sur cinq. Mais l'écart 16 du chiffre 7 étonne: il ne devrait se rencontrer qu'une fois sur cent environ (probabilité 0,012).
Ce cas est des plus singuliers. M. G... est un chercheur sincère, cultivé et d'une grande activité, adversaire déterminé de l'astrologie ancienne et commerciale. Nous venons de le voir affronter la vindicte des puissants exploitants de l'ordinateur.
Les trois astres étudiés ont (donc) des actions qualitativement différentes. Pourtant nous trouvons pour une même planète des résultats semblables sur des groupes différents. Mars + (agit positivement) à la fois chez les sportifs, les militaires, les médecins. Jupiter + à la fois chez les acteurs, les militaires, les députés (?). Saturne + à la fois chez les savants et les prêtres »...
Après étude des principales caractéristiques de ces groupes sociaux, l'auteur conclut que la relation, l'affinité, entre ces planètes et les groupes sociaux se décrit en termes de caractère:
Mars: l'énergie, la lutte, l'activité concrète; Jupiter: le goût de représenter, l'esprit tourné vers
l'aspect extérieur et public des choses;
Saturne: le désir de méditer, de réfléchir, l'esprit tourné vers l'aspect profond des choses.
Onze ans plus tard (en 1966) je lis dans un ouvrage de M. G...:
« Bien à propos, l'effet planétaire d'hérédité est venu lever la plus lourde des hypothèques qui pesaient sur la vraisemblance de nos résultats. L'espèce de prédestination qu'un aspect particulier du ciel de naissance semblait conférer au nouveau-né disparaissait, cédant la place à une interprétation opposée: seul notre bagage héréditaire détermine notre comportement dans la vie. La planète n'apparait plus que comme un déclencheur passager de la naissance... En outre, l'effet planétaire n'est plùs attaché à la naissance de certains hommes célèbres. Il devient une loi générale de la nature humaine. On peut le retrouver chez n'importe quel homme, n'importe quelle femme» (c'est moi qui souligne).
Ainsi M. G... abandonne l'influence de la planète sur le tempérament de l'homme. On se sent soulagé. Merci !
« Les enfants ont tendance à naître lorsque l'un ou l'autre de ces astres (Lune, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne) se lève ou culmine, si le même astre s'était trouvé dans les mêmes régions du ciel à la naissance de leurs parents. »
On pouvait légitimement douter que les minimes flux planétaires fussent capables de déclencher l'accouchement. Mais le relais du Soleil pourrait entrer en jeu. Lisons M. G... (1969) :
« On peut émettre une hypothèse: l'effet planétaire ne s'exercerait pas directement sur nous, mais à travers le champ solaire. S'il en était ainsi, l'effet devrait se trouver influencé par l'activité plus ou moins grande du Soleil, ou, si l'on préfère, par l'agitation plus ou moins marquée du magnétisme terrestre. C'est bien ce que l'on observe en reprenant nos données de naissance. L'effet d'hérédité planétaire est deux fois plus marqué les jours où le magnétisme est perturbé que les jours où il est calme.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
« Qu'un diagnostic sur le tempérament héréditaire de l'enfant soit possible lorsqu'on connaît la planète qui vient de se lever ou de culminer à l'heure de sa naissance, est une constatation lourde de conséquence. C'est un fait qui mérite d'être vérifié, approfondi, expliqué ou contredit par tous ceux qui ne se contentent pas d'illusions confortables, etc. »
Ainsi, selon M. G..., les horoscopes resteront utiles: s'ils échappent désormais à la compétence et aux commentaires sans valeur des astrologues, leur examen par des psychologues sera précieux. Notre avis est tout différent (jugement du Comité Para.).
Statistiques des naissances. - Je n'ai pas à exposer ici les techniques de M. G... : il les expose fort bien lui-même et ce petit livre n'y suffirait pas. Au surplus ce n'est pas dans les statistiques que gite le lièvre essentiel, sans doute. Cependant, il faut bien rappeler au lecteur que les documents de base ne sont pas dénués d'incertitudes. L'heure de naissance étant admise, la position des planètes, tirée des annuaires astronomiques, est dénuée d'ambiguité. Mais il n'en est pas de même des heures de naissances.
La planète Mars. - Je m'étais autrefois intéressé un peu aux positions de Mars, celles qui donnent à M. G... les répartitions les plus improbables. Mes remarques conservent leur intérêt puisqu'un contrôle récent a porté sur une corrélation de même nature.
Mars et l'heure du jour.- Le croquis simple (fig. 13) montre que nous ne voyons la planète Mars à plus de 90° du Soleil, c'est-à-dire à plus de 6 heures d'écart (en plus ou en moins), que pendant un quart de l'année environ. En effet, cela a lieu pendant que la Terre parcourt l'arc TT' de sa trajectoire (27 % de l'orbite). Donc pendant 9 mois sur 12 (grosso modo) Mars est vu, dans le Zodiaque, assez près du Soleil. Donc l'heure du lever de Mars (ou de son passage au méridien) est en forte corrélation avec notre heure solaire. Toute statistique correcte doit montrer Mars, les trois quarts du temps, à moins de 6 heures du Soleil - qu'il s'agisse de la naissance - ou de la mort -, des sportifs, des médecins, des savants ou des illettrés. Cela étant, le problème change de nature. Si l'on m'avait dit, par exemple, que les sportifs ont une certaine propension à naitre à l'aube, cette propriété biologique m'eût semblé intéressante, curieuse, mais non invraisemblable - et du ressort des physiologistes.
| Fig. 13. - Le petit (arc TT' de l'orbite terrestre où l'on voit Mars à plus de 6 heures du Soleil ne représente que 27 % de l'année. | ![]() |
L'hérédité planétaire. - Les interprétations nouvelles des statistiques me semblent moins inacceptables que les anciennes. La planète n'est plus responsable des qualités du nouveau-né: elle n'a plus qu'un rôle de déclencheur de naissances pour ceux qui sont sensibles à sa présence en certains lieux du ciel.
'), cette planète reste plus de 3 mois sans se lever au-dessus de l'horizon de Mourmansk. De .même, Jupiter restera environ 22 mois, et Saturne 4 ans et demi, sans se lever. Qu'adviendra-t-il des foetus qui auront besoin de ces déclencheurs pour naitre ? Y a-t-il des drames, à Mourmansk? Et les statistiques manifestent-elles des déficiences à ces époques?
', elles se lèvent à peine au-dessus de l'horizon: leur lever et leur passage au méridien se succèdent vite et leurs 5 heures de travail quotidien hypothétique, envisagé pour nos climats par M. G., se réduisent alors aux quelques minutes consacrées aux secteurs sensibles 1 et 4.
Déontologie des chercheurs. - Certes, il convient qu'un chercheur soit audacieux, non conformiste, iconoclaste s'il le faut (qui le fut davantage qu'Einstein ?). Mais il convient aussi de ne pas être trop réceptif aux propriétés stupéfiantes, aux sensibilités inouies, aux correspondances étranges. Le spectre des rayons N ne devrait-il pas prévenir les emballements prématurés?
Dans un de ses livres, M. G... trouve que les justifications de la radiesthésie dont nous avons parlé sont « proches de ses préoccupations ». La découverte d'une sensibilité magnétique extraordinaire chez l'homme rend, dit-il, notre organisme « apte à deviner la position des horloges solaire et lunaire ». Il est dommage que des expériences mieux conduites aient montré que cette sensibilité n'existe pas.
Dans un autre livre (1965), M. G...a accepté de son préfacier un éloge dithyrambique de l'effet spécifique des planètes sur la réception des ondes radio à travers l'Atlantique. « Les différents faits que je viens de rapporter sont parfaitement établis » écrit ce professeur. On a pu voir ce qu'il en est de ces effets garantis. Pourtant, en 1965, il y avait douze ans que leur inanité était certaine. Il est vrai que les phénomènes mirobolants sont annoncés à grand tam-tam, tandis que les démentis ne reçoivent qu'une place minime - ou nulle.
« Il y a cent ans, Gregor Mendel découvrait les lois fonda mentales de l'hérédité génétique... M. G... a sans doute réalisé une découverte du même ordre... Mendel établissait une relation entre les plantes et les hommes. G... prouve qu'il existe une relation entre les hommes et les astres. »
Dans une page intérieure d'un autre volume, sous le titre Repères historiques, lisons la fin d'un tableau:
1955 : Démonstration d'une relation entre le cosmos et le moment de naissance de célébrités professionnelles (M. G...).
1958 : Les satellites sont lancés dans l'espace... (j'abrège).
1961 : Découverte de l'effet d'hérédité planétaire (M. G...) (1).
1963 : Une enquète montre que 43 % de la population croit encore que l'astrologie est une science (j'abrège).
1969 : L'homme pose pour la première fois le pied sur la Lune.
(1) Là. le nom de M. G... a été oublié: réparons l'omission.
Le jugement du Comité belge Para. - Ce Comité qui a pour devise: « Ne rien nier a priori, ne rien affirmer sans preuve », a déjà été présenté ici et l'une de ses nombreuses études mentionnée. M. G... lui a demandé de se pencher sur ses travaux.
M. G... a certainement sous-estimé la complexité des questions astronomiques qu'il a cru représenter fidèlement par des formules élémentaires. Les astronomes et les statisticiens du Comité Para, après une consciencieuse étude, déclarent ces formules inadéquates. .