1560 Pierre Boaistuau cite des monstruosités prodigieuses.

histoires profigieuses
Pierre Boaistuau, né vers 1500 à Nantes, fut surtout un traducteur et un compilateur. Aujourd'hui bien oublié, il était très connu de son temps. Après avoir traduit du latin L’Histoire de Chelidonius Tigurinus, il publia, en 1558, le Théâtre du Monde qui eut de nombreuses éditions et traductions, presques introuvables aujourd'hui.
En 1560, il publia: Histoires prodigieuses les plus mémorables qui ayent esté observées, depuis la Nativité de Iesus Christ, iusques à nostre siècle. Il y rassemble les histoires les plus étonnantes de monstres, diables, animaux marins étranges, et autres histoires édifiantes, qu'il ait pu trouver. Il s'en explique clairement dans sa dédicace:
entre toutes les choses qui se peuvent contempler soubz la concavité des cieulx, il ne se voyt rien qui plus éveille l'esprit humain, qui ravisse plus les sens, qui plus epouente, qui engendre plus grande admiration, ou terreur aux créatures, que les monstres, prodiges et abhominations...

La table des matières nous éclaire:

  En la premiere histoire sont contenus quelques prodiges, et illusions de Sathan
  En la deuxiesme, les ires, fleaux et maledictions de Dieu, envoyées sur la miserable Cité de Ierusalem, avec plusieurs advertissements pour les attirer à penitence, mesme une prediction, et prophetie d'un païsant.
  En la troisiesme il est faict mention de plusieurs morts de Prince, et grandz Seigneurs, avec la mort prodigieuse d'un Roy de Poloigne et d'un Archevesque de Maience.
  En la quatriesme est descripte l'histoire de Nabuchodonosor, avec un discours Philosophique par lequel est monstré en quel peril sont ceulx qui commandent.
  En la cinquiesme sont declarées succinctement les causes principales de la generation des monstres, avec plusieurs histoires memorables à ce propos.
  Au chapitre 6 est racomptée une histoire notable de deux filles engendrées de nostre temps, qui estoient collées ensemble par les testes.
  Si les diables peuvent concepvoir, avec l'histoire d'un horrible monstre engendré de nostre temps.
  Un enfant tiré vif du ventre de sa mere, laquelle estoit morte depuis deux jours, avec plusieurs histoires des fouldres et tempestes.
  Le tonnerre entrant par la bouche d'une fille qui estoit à cheval, luy feist sortir sa langue par ses parties honteuses.
  Histoire Prodigieuse d'un homme qui de nostre temps se lavoit la face et les mains de plomb fondu.
  Enfant crucifié par les juifz, avec quelques autres histoires des Ladres, qui empoisonnerent les Fontaines et Puis avecque eujx
  Deluges, et cruelles inundations d'eaux advenues de nostre temps.
  Prodigieuse mort de Pline avec les causes des flammes qui sortent des entrailles de la terre.
  L'astuce du diable qui fist precipiter un chevalier Romain en un gouffre, soubz le pretexte de delivrer son pays de tribulation.
  L'histoire prodigieuse d'une fille qui avoit deux testes, et n'avoit qu'un corps.
  Histoire Prodigieuse d'un homme monstrueux qui apparut à S.Anthoine au desert.
  Histoires mémorables des pierres précieuses.
  Histoire admirable de deux Princesses faulcement accusées, lesquelles ne peurent estre endommagées du feu.
  Prodiges de la mer, ou il est faict mention des monstres marins, Nereides, Syrenes, Tritons, poissons vollans, et autres monstres aquatiques.
  Portraict d'une espece de poisson volant, ou autre monstre aquatique, figuré sur celui qui est au cabinet du Seigneur Dasserac
  Pourquoy on voyt quelquefois plusieurs soleilz au Ciel, ou plusieurs Lunes, avec la cause et signification des cometes
  Comete prodigieuse, laquelle estoit si horrible que plusieurs espouventez d'un si estrange spectacle tomberent mlade et les autres moururent.
  Flammes qui ont sorty des testes d'aucunes personnes notables, avec grande admiration et terreur.
  Plusieurs histoires mémorables de l'amour avec la vie dissolue des trois plus renommées courtisanes desquelles les auteurs Grecz et latins ayent jamais faict mention.
  Monstre execrable qui sortoit entier du ventre d'un aultre homme, reservé la teste.
  Les plus memorables histoires que tous les Medecins anciens et modernes ayent escriptes des plantes. Avec une histoire prodigieuse de la racine de Barra, de laquelle Josephus autheur Hebrieu faict mention.
  Monstre brutal ayant figure humaine, duquel Gesnerus faict mention en ses histoires latines des animaux.
  De l'excessive despense et prodigalité des anciens et modernes en leurs festins et bancquetz.
  L'histoire de Denys Heracleot, qui devint si gras que de peur que la graisse l'estouffast il estoit contrainct par le conseil des Medecins se faire tirer la graisse avec des sangsues.
  Diverses histoires des visions faulses et vrayes qui apparoissent la nuict et le jour en veillant et dormant, avec un traicté des umbres, figures, fantosmes, spectres, et autres choses semblables, qui se representent souvent à nous. la
  Prodige d'un enfant qui fut produict vif sur terre, lequel avoit le ventre ouvert, de telle sorte qu'on lui boyoit toutes les plus secrettes parties du corps nues er descouvertes.
  Histoire prodigieuse observée par l'autheur d'un chien engendré d'une dogue et d'un ours, avec plusieurs autres histoires sur ce subject.
  L'histoire notable d'une femme qui porta cinq ans son fruict mort en son corps laquelle il faillit en fin ouvrir, et tirer ceste putrefaction de son corps membre à membre, avec grand estonnement.
  Enfant produict sur terre avec quatre brss et quatre jambes du temps que les Venitiens et Genevoys furent reconsiliez.
  Serpent monstrueux, ayant sept testes, avec quelques autres histoires de ces animaulx.
  Histoire notable d'une mère qui mangea partie de son enfant, et offrit l'autre à quelques soldatz qui la tourmentoyent.
  Histoire notable d'un oyseau descouvert de nostre temps, lequel n'a point de piedz, et ne vit qu'en l'air, et jamais ne se trouve prins que mort.
  Prodige de deux filles jumelles joinctes et collées ensemble par les parties postérieures.
  Cruaultez prodigieuses, avec une detestation de ceulx qui font si bon marché du sang humain.
  L'histoire d'Astiages, qui fist manger à Arpalus son filz.
  Abhomination estrange d'un enfant demy chien et demy homme, engendré avec telle forme forme par l'incontinence et brutale lascivité de la mere.
  Histoire notable d'un homme monstrueux lequel forma une merveilleuse complaincte au Sénat Romain contre les abbus et pilleries de quelques Censeurs et magistratz.
  De la monstrueuse avarice de dux hommes, dont l'un feist manger de la chair humaine, l'autre de la chair de porc qui avoit esté mordu des chiens enragez.
  Monstre ayant elles et les piedz d'oyseau engendré du tempsz du Pape Jule second, et du Roy Loys douziesme.

Nous voyons que Boaistuau est plus prolixe sur les monstruosités et les abominations que sur les prodiges proprement dits. C'était en quelque sorte, un ancêtre de la revue Détective.
Pourquoi Boaistuau fut-il oublié? N'est pas Shakespeare qui veut, et Boaistuau fit aussi preuve d'un sectarisme qui ne résista pas à l'épreuve du temps, comme le montre ce passage sur les juifs:

Ceste malheureuse vermine de Iuifs a tant de fois inquiété notre République Chestienne, qu'il n'y a historien de notre temps qui ne leur ayt donné quelque attainte par les écrits. Qui aura leu ces cruelz blasphemes et abhominables exécrations qu'ilz ont publié contre Jesus Christ sauveur de tout le monde, en un certain livre (vulgaire en leurs synagogues) qi'ilz appellent Talmud, il jugera aysément que ceste seule cause est suffisante pour les exiller, et bannir de toutes les provinces ou Jesus Christ est adoré...

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L'an mil cent quatre vingtz, du regne du Roy Philippe, ce peuple mauldit en l'ignominie de la Passion de Iesus Chrift, le iour du grand Vendredy pendant que les Chretiens vacquoient à leurs ceremonies, ilz enfermoient en une cave tous les ans à semblable iour un ieune enfant qu’ilz avoient desrobé le flagelloient, le couronnoient d'Espines, l'abreuvoient de fiel, finablement le faisoient mourir en une Croix, et tant continuerent ceste cruelle tragedie, que le Seigneur ennuyé de la mort de tant de pauvres innocens, permist qu’ilz fussent apprehendez comme le larron sur le faict, et apres avoir esté mis aux questions et tourmens, ilz confesserent que par diverses années ilz avoient faict mourir grand nombre d'enfans en ceste sorte.
Pour en savoir plus sur cette rumeur antisémite.
Il est curieux que des ufologues aient accusé le De grandine et tonitruis, d'Agobard d'antisémitisme (ce qui était faux) et n'ai rien dit de Boaistuau, dont l'antisémitisme est ici flagrant.

Visiblement, Boaistuau, comme nombre d'ufologues d'aujourd'hui fait confiance aux sources les plus sensationalistes, et non aux plus fiables. Un bon exemple en est le récit de la mort de Pline l'ancien:

Nous avons le mont Vesuve pres de Naples, duquel Martial, Strabo, et Xiphilnius en la vie de Severe l'Empereur, font souvent mention en leurs écritz, laquelle a esté autrefois tant fertile, et toutefois le feu qui y est naturel a tout embrasé, gasté & ruiné, mesmes du temps de Tite Cesar, elle jetta tant de feu que deux villes en furent embrasées, et sortit du sommet d'icelle des fumées si espoisses, que la lumiere du Soleil en estoit obscurcie, et les jours sembloient nuictz, et tout à l’entour les champs estoient si plains de cendres qu’ilz egalloient la hauteur des arbres. Et comme Pline (qui regnoit du temps de Vespasian l'Empereur) desirant de sçauoir la cause du continuel embrasement de ceste montaigne la fust allée voir, et se fust approchée de trop pres, il fut estonné qu'il se sentit incontinent surpris de flammes, et que son corps fut mis en cendres

Il n'y a quasiment rien de vrai dans ce texte, où manifestement l'auteur confond l'Etna, aux éruptions périodiques connues de tous temps, et le Vésuve, dont la première éruption historique, en l'an 79, surprit tout le monde. Pline ne régnait pas, mais commandait la flotte sise à Misène. Il ne mourut pas brulé mais asphyxié, comme le rapporte le document princeps relatant sa mort, c'est à dire une lettre de Pline le jeune à Tacite:

On trouva bon de s'approcher du rivage, et d'examiner de près ce que la mer permettait de tenter; mais on la trouva encore fort grosse, et fort agitée d'un vent contraire. Là, mon oncle ayant demandé de l'eau et bu deux fois, se coucha sur un drap qu'il fit étendre. Ensuite des flammes qui parurent plus grandes, et une odeur de soufre qui annonçait leur approche, mirent tout le monde en fuite. Il se lève, appuyé sur deux valets, et dans le moment tombe mort. Je m'imagine qu'une fumée trop épaisse le suffoqua d'autant plus aisément, qu'il avait la poitrine faible, et souvent la respiration embarrassée.

Nous allons citer le chapitre consacré aux prodiges célestes, et voir que Boaistuau faisait là aussi preuve d'une absence totale d'esprit critique.

gravure

La face du ciel a esté tant de fois defigurée par Cometes barbues, chevelües, torches, flambeaux, colomnes, lances, boucliers, dragons, duplication de Lunes, de Soleilz, et autres choses semblables que, qui voudroit raconter par ordre celles seulement qui ont apparu depuis la Nativité de Jesus Christ, et rechercher les causes de leurs origines, et naissances, la vie d'un seul homme n’y pourroit satisfaire.
Note: Il y a pourtant eu des cometographes qui ont recensé toutes les apparitions connues de comètes depuis l'antiquité, et ce avant Boaistuau.
La plus memorable et plus digne d’estre celebrée de toutes, est celle qui conduit les sages Roys de Perse au lieu de la nativité de Jesus Christ, laquelle n'espouventa pas seulement le vulgaire, mais elle ravit en admiration les plus doctes hommes du monde, par-ce que contre le naturel de tous les autres astres ( qui tirent de l'Orient en l’Occident) elle dressa son cours en la Palestine,qui est située vers le midy : qui a faict penser à sainct Jean Chrisostome, que ceste estoille n'estoit point une de celles que nous voyons au ciel, mais plustost quelque vertu invisible, figurée soubz la forme d'un astre.
Note: Mais ce parcours du nord au sud est une invention de Jean Chrisostome, l'évangeliste Matthieu n'ayant jamais dit que l'étoile ait guidé les mages, ni dit que ces mages étaient rois, ni qu'ils venaient de Perse. Quant à l'épouvante du vulgaire, c'est une invention de Boaistuau. voir.
Mais laissons le discours de cest astre, et venons aux autres choses estranges qui ont apparu au ciel. Gaguin livre sixiesme des gestes des Roys de France, faict mention d’une Comete fort esmerveillable, qui apparut en Septentrion du temps de Charles sixiesme.
Note: probablement la comète de 1402, la plus brillante du règne de Charles VI
L'an 597. qui estoit l’année de la nativité de ce faulx imposteur Mahomet, fut veuë en Constantinople une Comete cheueluë, si hideuse et espouventable, qu’on pensoit que la fin du monde s'approchast. Une autre semblable à la precedente fut veuë quelque peu de temps avant la mort de Constantin, de laquelle Orose lib.7. chap. 19. Et Eutrope lib.2. font mention. L'an que Mitridates fut produict sur terre, et l'année qu’il receut le Sceptre Royal il apparut une Comete au ciel, comme Justin et Vincentius écrivent, laquelle par l'espace de quatre vingtz iours occupa bien la quarte partie du ciel, et si gettoit une telle splendeur que la clarté du Soleil en estoit obscurcie.
Note: Vincent n'a fait que recopié Justin, qui avait abrégé l'histoire de Trogue Pompée. Une comète plus brillante que le soleil est une absurdité que Boaistuau ne relève pas.
L'an que Tabeolan le Tiran tua tant d’hommes et de femmes en une deffecte de Turcs, que de leurs testes seulement il en feist une muraille, (comme Matheolus écrit) il apparut une merveilleuse Comete en Occident, de laquelle Pontanus et Joachimus Camerarius en son livre De Ostentis, a doctement écrit. Herodien autheur Grec en la vie des Empereurs écrit, que du regne de l'Empereur Commode, on veit par l'espace d'un jour naturel une infinité d’Estoilles au ciel, aussi apparentes comme la nuict. L'année que Loys le Begue Roy de France mourut, on veit semblablement sur les neuf heures du matin grand nombre d'Estoilles au ciel. Hierosme Cardan livre 14. De varietate rerum ,asseure avoir veu. L'an 1532 l'unziesme jour d’Avril estant à Venise, trois Soleilz ensemble, clairs, lucides et splendides.
Note: Il s'agit manifestement d'un parhélie.
L'an que François Sforce mourut (pour le deces duquel il s'esmeut tant de guerres en Italie) il fut veu semblablement à Rome trois Soleilz , qui espoventerent tellement le peuple, qu’ilz feirent prieres et oraisons, pensant que l'ire de Dieu fut enflammée contre leurs pechez. Le Pape Pie fecond du nom, qui fut nommé au par-avant sa dignité, Aeneas Silvius, lequel mourut l'an quatre cens soixante , écrit en sa description de l'Europe. chap. 54. que l'an sixiesme apres le Jubilé qu'il fut veu entre Sienne et Florence vingt nuées en l’air, lesquelles agitées des ventz batailloient les unes contre les autres ,chacune en son reng ,reculant et s'approchant. comme si elles eussent esté ordonnées en batailles, et pendant ce conflict de nuées, les vens faisoient aussi leur debvoir d’autre costé de desmolir, abbatre, briser,froisser, et rompre arbres, maisons rochers, mesmes, iusques à enlever les hommes et les bestes en l'air.
Note: Ceci est un ouragan, certes prodigieux, mais bêtement naturel. Et maintenant un passage qui va avoir une belle carrière, grace à la notoriété d'Ambroise Paré qui va le recopier.
L'antitiquité n'a rien expérimenté de plus prodigieux en l'air que la Comete horrible de couleur de sang qui apparut en Westrie l'unziesme iour d'Octobre, mil cinq cens vingt et fept. Ceste Comete estoit si horrible et espouventable, qu'elle engendroit si grand terreur au vulgaire, qu'il en mourut aucuns de peur, les autres tomberent malades. Ceste estrange Comete fut veuë de plusieurs milliers de personnes, et dura une heure et vn quart. Elle commença à se produire du costé du Soleil-leuant, puis tira vers le midy, l'Occident et le Septentrion. Elle apparoissoit estre de longueur excessiue et si estoit de couleur de sang. A la sommité de la Comete on voyoit le caractere et figure d'vn bras courbé tenant vne grande espée en sa main, comme s'il eust voulu frapper. Au bout de la poincte de ce cousteau, il y auoit trois Estoilles, mais celle qui estoit droictement sur la poincte, estoit plus claire et lucide que !es autres. Aux deux costez des rayons de ceste Comete il se voyoit grand nombre de haches, couteaux, espées coulourées de sang, parmy lesquelles il y auoit grand nombre de faces humaines hideuses, auec les barbes et cheueux herissez, comme tu la vois icy figurée.

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Quelque temps apres que ceste prodigieuse planette fut apparue, toutes les parties de l'Europe furent presque baignées de sang humain, tant de l'incursion des Turcs, que des autres plaies que receut l'Italie par le seigneur de Bourbon, lors qu'il mist Rome à sac, & que luy mesme y laissa la vie, Petrus Creuserus & Ioannes Liechtber excellens astrologiens interpreterent par écrit la signification de ceste prodigieuse planette.

Notons l'ignorance de Boaistuau en astronomie, puisqu'il confond "planette" et "comète" (pour un phénomène qui était une aurore boréale). La description des "conséquences"de la "comète" semble venir de Lycosthenes, mais les détails "horribles", la couleur de sang, les gens morts de peur, les haches et couteaux, ont été inventés par un un occasionnel anonyme de 1528 qui est donc la source effective de Boaistuau.
On voit que l'auteur n'est pas très regardant sur la qualité de sa source, il ne l'est d'ailleurs pas davantage sur l'orthographe des noms propres.
Bien que le texte parle d'un bras courbé, la gravure montre un bras tendu, tenant l'épée comme un poignard, et la chevelure de la comète s'étend sur la longueur de l'épée, comme dans celle de Lycosthènes, alors que la gravure de l'occasionnel montre que la chevelure ne s'étend vers le bas qu'à partir des trois étoiles
Comme s'il sentait que ce prodige horrible avait besoin de crédibilité, Boaistuau invente les "milliers de personnes" qui en furent témoins, alors que l'occasionnel parle seulement de "plusieurs gens"
C'est malheureusement cette version plusieurs fois déformée qui sera reprise par Ambroise Paré, qui y ajoutera une erreur de date, et dont la version fera une carrière mémorable.
L'auteur continue ce chapitre, en parlant de l'astrologie, en accusant certains astrologues de blasphémer.

Finalement Pierre Boaistuau se révèle n'être qu'un prodigiomane sensationaliste, et comme pour les auteurs de "canards", il lui importe peu que les phénomènes rapportés soient réels ou pas, pourvu qu'ils soient sensationnels. Il est dommage qu'Ambroise Paré lui ait fait confiance.

L'ouvrage de Boaistuau fut publié pour la première fois en 1560, et eut au moins deux éditions imprimées cette année là, pendant qu'une édition manuscrite fut offerte à la reine Elizabeth d'Angleterre. Cette édition comportait des illustrations en couleurs, qui valait bien celles de l'Augsburger Wunderzeichenbuch. On peut quand même se demander si la reine, qui savait le français, fut convaincue de la véracité des histoires rapportées.

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Dernière mise à jour: 10/06/2022